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Auteur Fil de discussion: Les « polyamoureux »  (Lu 2593 fois)
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François
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« le: 10 Juillet 2011, 09:31:36 »

Citation
Les « polyamoureux », ces « indignés » de la monogamie

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 06/07/2011 | 09H59


Françoise Simpère, journaliste et auteure de romans, notamment érotiques, est tombée dans le « polyamour » par hasard, dans les années 70. Elle en est devenue la théoricienne, avec son livre « Aimer plusieurs hommes », publié en 2002 et republié après augmentation en 2009 (éditions Autres mondes), et le « Guide des amours plurielles pour une écologie amoureuse » (Pocket).
Joueuse, cette croqueuse d'hommes et mordue de la vie a inventé le terme de « lutinage », un art d'apprendre à aimer au pluriel qui est aussi une invitation à s'aimer soi-même. Elle n'est pas à la tête du « mouvement » du polyamour, qui se développe notamment sur Internet, mais reste sa meilleure communicante.

Rue89 : Comment êtes-vous venue au polyamour? ?

Françoise Simpère : C'était deux ans avant mon mariage, il y a 35 ans. Lorsque mon mari a été tenté par une autre, j'ai réalisé que je n'étais pas jalouse. J'ai trouvé logique qu'il puisse avoir d'autres élans et n'ai pas pensé une seconde que ça pourrait changer l'amour qu'il avait pour moi.
J'ai été élevée dans une famille classique, monogame. Quand j'ai eu ma première relation hors-mariage, par pur désir, je me suis dit : « Qu'est ce qui m'arrive ? » Et en même temps j'étais ravie.
Depuis, c'est devenu naturel : si on rencontre quelqu'un qu'on trouve intelligent, pour lequel on a de l'affectivité, ça peut arriver aussi qu'on ait du désir. Pourquoi mettre une barrière ? Il ne faut pas sous-estimer le sexe – les relations qu'on a avec quelqu'un avec qui on ne fait pas l'amour ne pourront jamais être les mêmes qu'avec quelqu'un avec qui on fait l'amour ; ni le surestimer – quand une relation dure, le sexe passe au second plan.

Qu'est-ce que l'amour pluriel ?

C'est le fait d'aimer de façon affective, sexuelle et intellectuelle plusieurs personnes à la fois. Ce sont des relations apaisées et égalitaires. Un « ?pluri? », on peut lui sauter au cou sans qu'il baisse son pantalon ni que sa copine vienne vous écorcher.

Est-ce un mouvement large dans notre société ?

Quand j'ai écrit « Aimer plusieurs hommes », j'ai reçu énormément de courriers de gens tentés par ce mode de vie. Je vois de plus en plus de jeunes concernés maintenant. Je suis ravie de ne plus être la seule porte-parole de ce mouvement, car je saturais un peu.
Pour moi, le « pluriamour » est une réponse dans la vie privée à ce qui se passe dans la vie publique. J'aimerais que les valeurs véhiculées par les « pluriamoureux », l'écoute, l'échange, la tolérance, remplacent celles de cette société capitaliste dure et possessive.

Vous dites que l'idée selon laquelle si on va voir ailleurs, c'est qu'on n'aime plus son partenaire, est à la fois « ?périlleuse et sexiste? ». Pourquoi ?

Un couple solide est un couple qui partage un projet de vie. Mais ne pas avoir envie d'aller voir ailleurs est terrifiant, ça veut dire que le jour où je rencontre quelqu'un, je ferme mon regard, mes oreilles. C'est l'amour aveugle !
Personne ne peut tout vous apporter, et moi je suis ravie de pouvoir déléguer certaines missions à d'autres. Par exemple, beaucoup d'hommes ont besoin viscéralement qu'on les brosse dans le sens du poil, et je ne sais pas le faire.

Néanmoins, comment ne pas faire souffrir l'autre ?

Ça n'est jamais facile car ça va à l'encontre des valeurs dominantes de la société. Parfois, on n'assume pas, alors on arrête. Moi je suis restée avec mon mari même si j'ai parfois eu envie de le fuir. Cependant, il y a des choses que j'ai envie de vivre avec certains hommes et pas avec d'autres, pourquoi blesser les uns en racontant ce que je fais avec les autres ?

Et comment assumer face à la société ?

D'abord, on n'a pas besoin de raconter sa sexualité à tout le monde. Moi je ne l'ai pas cachée car je suis journaliste et j'avais envie de faire connaître ce mode de vie.
A un moment, je me suis demandé si c'est moi qui étais folle ou les autres. Je suis allée voir un psy qui en six mois m'a fait comprendre que j'étais comme ça et les gens pensent ce qu'ils veulent de moi.

Le polyamour peut-il faire durer le couple ?

Je crois que oui car beaucoup de gens divorcent lorsqu'ils font une autre rencontre, alors qu'ils aiment encore leur partenaire officiel. Je leur dis : ne faites rien avant un an, le temps que la passion hormonale soit passée. Quand des hommes veulent quitter leur femme pour moi, je leur dis  : « Doucement, on en reparle dans six mois. » Aucun n'a divorcé.
Je connais des femmes qui ont des enfants avec deux hommes, des hommes qui vivent seuls et à qui ça fait plaisir que d'autres hommes s'occupent de leur amoureuse… Il faut accepter qu'on n'est pas unique.

Le polyamour est-il universellement partagé selon vous ?

Je pense qu'on est faits pour aimer plusieurs personnes. Jamais personne n'a su me répondre à la question :
« Pourquoi serait-il mieux de n'en aimer qu'une seule ? »
Le pluriamour est libertaire, anarchiste et révolutionnaire, au sens où il s'agit d'organiser soi-même sa vie, en faisant super attention à l'autre. J'ai rencontré quelques pluri chez les « indignés », preuve qu'on se retrouve dans une contestation du monde.
Quand je suis à des « cafés poly » je me dis que si les gens en couple monogames s'interrogeaient autant sur le lien qu'ils ont avec leur époux, il n'y aurait pas de divorce.

Le sexe est-il différent chez les polyamoureux ?

Le pluri dédramatise les relations sexuelles en général. Il est moins frustré et moins obsédé. En payant dans un club échangiste, le couple monogame achète le droit de coucher avec d'autres devant son partenaire. Moi je n'aurais pas forcément envie que tout le monde me voie jouir avec tout le monde !
Nous, les pluri, vivons la sexualité comme un jeu formidable. Il y a des délires sexuels qu'on a envie de faire avec certains, et puis on est contents de rentrer à la maison. Avoir plusieurs amoureux, c'est avoir plusieurs sexualités avec chacun, découvrir des choses de soi. Moi je suis plus dans le registre de l'amitié amoureuse que dans la passion charnelle et dévastatrice. Je peux avoir des amants depuis plus de vingt ans que je ne vois que deux fois par an.

Pensez-vous qu'on est tous des polyamoureux qui s'ignorent mais que la morale nous empêche de franchir le cap ?

Le pluri peut être monogame de temps à autre, contrairement au monogame pour qui il n'y a qu'un seul modèle possible. On peut vivre tout selon les périodes de la vie. C'est beaucoup une question d'acceptation sociale. Dans les années 60, les divorcés ont été mis à l'index… comme les pluri aujourd'hui. Mais dans cinq ou dix ans, si le monde change comme je l'espère, ce ne sera plus hors-norme.

Comment sait-on qu'on est poly ou pas ?

On se sonde, on essaie, ce n'est pas un chemin facile, mais quand on voit les gens qui y sont arrivés, qu'on les voit apaisés, sereins, joyeux, sensuels, ça donne envie.
Maintenant c'est la monogamie qui me semble bizarre, je me demande pourquoi on impose ça alors que ça ne marche pas dans un cas sur deux.

Les pluri se fréquentent-ils entre eux, et que disent-ils aux monogames ?

D'abord, on ne peut vivre qu'entre soi, car on est ultra-minoritaires, je ne sais pas, peut-être 2% de la population. On fréquente beaucoup de monogames et de gens qui sont dans l'adultère et préfèrent ne pas le dire.
Parfois, on se fait un dîner entre pluri, c'est très bisounours et ça ne finit pas du tout en partouze, il y a une pudeur, surtout chez les jeunes. Quand certaines me disent « ne touchez pas à mon mari », je leur réponds de ne pas s'inquiéter, j'emprunte mais je rends toujours les maris.

Comment vos filles acceptent-elles votre mode de vie ?

Elles ont été élevées là-dedans, elles ont compris intuitivement. La peur des enfants n'est pas qu'on ait plusieurs amoureux mais que leurs parents divorcent. Si elles sont monogames, elles savent que le prince charmant est une illusion, et ça les arme dans la vie. Je remarque qu'elles sont fidèles à leurs ex, ce que je trouve plutôt bien.

Sur le Net, il y a des réseaux de rencontres de polyamoureux ?

Polyamour.info est un forum et pas un site de rencontres, mais il est probable que quelques relations s'y sont nouées, c'est normal. J'ai entendu parler de sites de rencontres où les gens s'affirment « open », mais je ne les connais pas.
Les réseaux sociaux ont surtout permis aux pluri de se sentir moins seuls, et de découvrir qu'ils ne sont pas des monstres.

Illustration : un roi et ses deux reines (Marthe Poulain).

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   •    Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages
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« Répondre #1 le: 21 Février 2012, 17:11:19 »

A lire aussi
Bineheureuse Infidélité de Paule Salomon , tres approfondi sur la question
et
Vertus du polyamour de Thalmann tres facile a lire, clair, pour aborder simplement la question
J ai lu les 3 avec celui de Simpere qui m'ont bcp interessé.
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« Répondre #2 le: 21 Février 2012, 17:15:16 »

Ce que je pense sur cette question:

L'ouverture du couple : aussi une alternative sociale.

En matière amoureuse, difficile d 'intentionnaliser les relations et peut-être pas souhaitable.
Pourtant, quel gâchis énergétique, émotionnel, de temps et donc écologique, ces histoires de couple qui se terminent mal soit parce que une personne du couple tombe amoureuse d'un tiers soit parce que le couple isolé a du mal à gérer la dualité des conflits.
De nombreux beaux projets alternatifs ou pas, de collectifs ou pas, s'écroulent car des couples se séparent entrainant avec eux la base d'un projet de vie, écartelant parfois les enfants, alimentant les palais de justice, chacun ressortant usé, dépouillé émotionnellement, financièrement, matériellement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce phénomène n'est pas marginal..
Savoir qu'il existe une autre possibilité ou une autre grille de lecture dans ce domaine, peut aider chacun d'entre nous, pour être inventif ou bien  mieux accepter ce qui se passe dans notre vie, comme pour bien d'autres alternatives.

Savoir qu'un être humain peut être amoureux de deux personnes en même temps, évite l'idée destructrice que si ma compagne ou mon compagnon s'intéresse à quelqu'un d'autre c'est qu'il n'a plus de sentiments pour moi, ou qu'il est insatisfait avec moi.
A partir de là, il est intéressant d'observer l'effet de cette nouvelle relation sur le compagnon directement  concerné, sans l'interférence dramatique qu'est la jalousie. Ainsi la personne du couple initialement pas concernée par la nouvelle relation peut se sentir véritablement nourrie par le rayonnement de la nouvelle relation et se sentir partie prenante.
La jalousie est souvent alimentée par la peur...d'être abandonné. Un cercle vicieux se met en place, puisque la jalousie qui envenime et dégrade les relations s'alimente par elle même se justifiant de plus en plus.
A l'inverse accepter la rencontre amplifie le sentiment de confiance et souvent renforce le lien de confiance et d'amour du couple initial.
Un lien d'amitié voir d'amour peut se créer entre les deux personnes non directement concernées.
On peut appeler cela l'aggradation sociale (comme pour la vie du sol) contrairement à la dégradation sociale où la tendance est l'atomisation, tendance observée aujourd'hui : de familles élargies on est passé à la vie de couple nucléarisé, à la monoparentalité.

Accepter qu'on ne peut apporter seul tout ce à quoi l'être aimé a besoin, sans pour autant renier
ses atouts, permet d'amorcer un cercle vertueux. De plus, combien de conflits dans la sphère domestique se nourrissent de la dualité isolée, alors que dans le même temps une discussion à trois fluidifie la communication.

La lecture de ces quelques lignes peut faire naître des émotions réactives. N'oublions pas que notre morale est chapeautée par un héritage multi séculaire de culture judéo-chrétienne et que notre grille de lecture oriente notre sens de la morale.

L'exclusivité est la source de nombreux maux. Il semble que la confiance de chacun est renforcée en évitant les situations d'exclusion. Plus la confiance s'installe, plus chacun accepte des moments d'exceptions et d'isolement des deux autres.
Le couple qui se découvre éprouve le besoin de se retrouver physiquement, et ceci pas forcément de manière isolée.
Lorsque le partenaire officiel se sent exclu, et  réagit négativement, ou bien quand on suppose qu'il réagira négativement, le nouveau couple a tendance à s'isoler, risquant de renforcer involontairement la perte de confiance.

Des réactions physico-psychologiques (tremblements, mal au ventre, maux de tête) peuvent apparaître clairement lorsque l'officiel est confronté directement et physiquement aux élans amoureux du partenaire avec le tiers. Et ce même s'il accepte cette situation. Il semble que ces maux disparaissent rapidement avec l'habitude, comme s'il s'agissait d' un processus de nettoyage psychologique, une fièvre salvatrice, comme libérant notre mental d'un lourd héritage de frustration-culpabilisations.
Ces signes ne sont pas forcement révélateurs que ce type de relations ouvertes est impossible mais plutôt que culturellement nous n'y sommes pas habitués.
 
Ouvrir cette possibilité si et quand elle se présente permet de renverser la tendance sociale de nos sociétés , recréer des familles élargies, ou tribus qui semblent être la forme sociale qui nous attire naturellement, anéanties par les civilisations de l'histoire, pourtant sources d'équilibre homéostasiques.
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« Répondre #3 le: 21 Février 2012, 19:28:14 »

Tout à fait d’accord. La structure sociale basée sur le couple fermé et la famille est néolithique. Elle est la conséquence de la sédentarisation, de l’agriculture et de l’élevage. Le chasseur-cueilleur vit en tribu plutôt qu’en couple fermé ; il ne connaît pas la propriété privée, pas plus pour les personnes que pour les animaux, la terre et les objets.   Clin d'oeil
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