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Auteur Fil de discussion: Les hommes préhistoriques avaient une bouche plus saine que nous  (Lu 1803 fois)
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Bertrand Seguy
Invité
« le: 04 Juillet 2013, 22:53:04 »

Vu dans La Recherche de Mai 2013 :

Les hommes préhistoriques avaient une bouche plus saine que nous

Catherine Thèves :
Les bactéries qui provoquent les caries et les maladies des gencives sont devenues de plus en plus fréquentes dans notre bouche, à cause des changements de notre alimentation [1]. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs australiens. À partir de restes d’ADN contenus dans le tartre dentaire de divers squelettes humains, ils ont étudié l’évolution au cours de l’histoire de la communauté de micro-organismes que nous hébergeons dans notre bouche. Cette évolution a commencé avec l’introduction de l’agriculture, ce qui s’est produit, pour l’Europe, il y a un peu moins de 10 000 ans.

Comment les chercheurs ont-ils procédé ?
Ils ont prélevé des échantillons dans le tartre d’une trentaine de squelettes européens, qui s’échelonnent entre environ 7 500 ans, pour les plus anciens, et Anthropologie Les hommes préhistoriques avaient une bouche plus saine que nous. Puis ils ont séquencé les fragments d’ADN qui s’y trouvaient. Ils ont ainsi identifié les espèces de bactéries présentes. Ils ont vérifié que celles-ci étaient différentes de celles des échantillons prélevés dans le sol ou dans la pulpe de la dent. Après la mort de l’individu, cette dernière est en effet envahie par les bactéries de l’environnement, contrairement au tartre qui forme une gangue minérale plus protectrice. Enfin, l’équipe a estimé la diversité des bactéries présentes dans le tartre, en se fondant  sur celle des séquences  génétiques retrouvées.

Comment la diversité microbienne de la bouche humaine a-t-elle évolué ?
C.T. Les généticiens ont identifié trois grandes phases successives. Dans la première, les populations vivaient de chasse, de pêche et de cueillette. La diversité des bactéries dans leur bouche est alors la plus grande. Pour cette période, les anthropologues n’observent que très peu de caries et de traces laissées par les maladies des gencives dans les restes dentaires humains. La deuxième phase va de l’introduction de l’agriculture jusqu’au Moyen Âge. L’alimentation est devenue beaucoup plus riche en glucides. La diversité microbienne est plus faible, et relativement stable tout au long de cette période. C’est l’époque où les maladies des gencives commencent à être fréquentes sur les restes dentaires. La dernière phase est l’époque moderne, caractérisée par l’arrivée de substances purifiées comme le sucre blanc et la farine raffinée. Leur abondance dans notre alimentation a favorisé certaines bactéries, notamment celles qui sont responsables des caries, au détriment des autres. En général, ce genre de phénomène est facilité si la diversité des espèces est faible. Ce qui est le cas  en général dans la bouche des hommes actuels.
[...]

propos recueillis  par nicolas ConstansC. Adler [1] et al., Nature Genetics, doi:10.1038/ng.2536, 2013.

_______________

Mes enfants instinctos n'ont pas été à l'abri des caries, et j'ai vu bon nombre d'autres enfants instinctos avec des dents en bien triste état alors que le sucre blanc et la farine raffinée étaient complètement exclus de leur alimentation. Parmi les explications avancées à l'époque, on disait que les toxines ne pouvaient être éliminées en totalité dès la première génération et que les caries finiraient par disparaître après quelques générations d'instincto. On invoquait aussi les siècles de sélection qui avaient retenu des variétés sur lesquelles l'arrêt n'opérait plus et qui conduisaient à l'excès. Il y a sans doute du vrai dans ces arguments, mais la piste soulevée par cet article est intéressante. Nos ancêtres mangeaient les fruits et légumes sans précaution d'hygiène, ils devaient ingérer avec une petite quantité de terre, c'est à dire une grande variété de microbes qui par leur diversité devaient maintenir dans la bouche un écosystème riche et stable, empêchant certaines variétés de microbes cariogènes de proliférer.
Pourquoi n'y a-t-on pas encore pensé ? Un dentifrice aux microbes ! La voilà l'arme absolue contre les caries !

Bertrand
« Dernière édition: 21 Août 2017, 19:51:29 par François » Journalisée
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« Répondre #1 le: 08 Janvier 2018, 14:05:36 »

Récemment un ami m'écrivait : "Tous ces crudivores ont des dents dans un état catastrophique, rien que cela démontre qu'on n'est pas adapté à une alimentation crue".

Le raisonnement paraît logique, mais c'est en fait un gros sophisme. L'apparence logique découle de la théorie actuellement admise, selon laquelle la carie dentaire proviendrait d'une attaque de la dentine par des bactéries buccales anormalement multipliées par la consommation exagérée de sucres.

Cette assertion est sans doute vraie, comme l'ont montré de nombreuses études, mais elle est partielle. Elle néglige le fait que des molécules anormales, non dégradables, provenant de la transformation culinaire des aliments, circulent dans le sang et peuvent s'accumuler dans les tissus. La dentine n'étant pas drainée par le système lymphatique, mais nourrie par diffusion à partir du sang qui vient irriguer la racine, peut dès lors accumuler des molécules étrangères, notamment de grosses molécules qui s'y prendront comme des particules dans un filtre.

Le processus se répète jour après jour aussi longtemps que l'on consomme des aliments non originels. Le circuit ne se fait pas directement à partir des aliments présents dans la bouche, mais passe par l'estomac, puis de l'intestin dans le sang jusqu'à la racine dentaire, et de là par diffusion, dans la dentine (celle-ci est constituée d'odontoblastes, cellules vivantes qui ont besoin de nutriments). Ainsi une part des molécules dénaturées (molécules de Maillard, AGE, ALE...) absorbées quotidiennement finissent leur course dans la dentine.

Il est difficile de prouver cette théorie. L'idéal serait de comparer l'état buccodentaire de sujets n'ayant absorbé aucune molécules non originelles avec celui des consommateurs d'aliments dénaturés. Je n'ai jusqu'ici que le cas de mes enfants nés dans le contexte instincto. Mon fils cadet (celui qui a gagné les marathons relatés précédemment, voir https://www.facebook.com/guyclaude.burger/posts/1732654853434808 ) n'a pas la moindre carie à l'âge de 43 ans, alors même qu'il ne s'est pas brossé les dents pendant toute son enfance. Ma fille cadette, une année de plus, n'en a pas non plus. Cela démontre qu'on peut manger 100% cru et avoir des dents sans la moindre carie, du moins dans le cadre instincto qui assure un équilibre nutritionnel naturel.

Il faut donc reconsidérer la théorie classique en tenant compte du fait que la dentine est un terrain miné, peut-être le plus miné de tous les tissus de l'organisme, du fait de l'accumulation irréversible de toxines (effet filtre et absence de drainage). On comprend alors que des bactéries buccales, prévues normalement pour dégrader les déchets d'aliments restant dans la bouche, finissent par attaquer la dentine à travers les micropores ou de petits défauts de l'émail, et prolifèrent anormalement dans les zones de dentine polluées par les molécules étrangères.

Ce tableau est parfaitement compatible avec ce que l'on sait des mécanismes auto-immuns. Des cellules reconnues comme étrangères sont attaquées par le système immunitaire. Le vieillissement prématuré des organes s'explique par le marquage des cellules par des molécules étrangères qui attirent les foudres du système immunitaire. Sachant que les bactéries peuvent être utilisées par l'organisme pour dégrader certaines molécules étrangères, on peut considérer cette théorie comme une théorie auto-immune de la carie dentaire. Les bactéries de la cavité buccale, chargées d'assurer l'hygiène dentaire en détruisant les restes d'aliments, attaquent les molécules étrangères accumulées dans la dentine et détruisent les odontoblastes.

Voilà qui éclaire les points suivants, restés sans explication satisfaisante par l'odontologie classique et les médecines naturelles :
> le fait que les caries se soient multipliées au cours de l'histoire, avec les développements de l'art culinaire, des produits céréaliers et de la consommation de produits laitiers, les principales sources de molécules étrangères;
> le fait que les caries se soient multipliées avec la consommation de sucre, sachant que le glucose se fixe sur les protéines pour former des AGE non métabolisables;
> le fait que le brossage des dents n'ait pas d'effet notable, le mal provenant de l'apport sanguin de molécules non dégradables, et non de processus limités à la cavité buccale;
> le fait que le passage au cru ne suffise pas à réduire les caries dentaires, l'état de pollution de la dentine remontant aux années d'alimentation traditionnelle.
> le fait, mis en évidence dans deux cas, que la carie ne se manifeste pas en l'absence d'aliments dénaturés dans l'alimentation.

L'interprétation de toutes les recherches statistiques effectuées jusqu'ici doit être reprise en tenant compte de l'accumulation de molécules non originelles traversant la barrière intetinale et pouvant aboutir dans la dentine. Les statistiques ne répondent qu'aux questions que l'on pose : si l'on ignore certains facteurs potentiels, les réponses font ressortir des causes secondaires ou font accuser des facteurs concomitants. L'occultation du facteur "molécules non originelles" et de leur accumulation possible dans la dentine induit donc un biais dans les raisonnements proposés jusqu'ici. Toutes les conclusions, certitudes et croyances actuelles doivent être remises en cause.

Pour le plus grand malheur des dentistes du futur...
Journalisée

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