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Auteur Fil de discussion: L'homme au complet blanc et quelques autres apôtres de l'instinct  (Lu 2411 fois)
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denisbooks
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« le: 02 Octobre 2009, 19:37:48 »

Burger n'était pas le seul artiste à s'interesser à l'instinct alimentaire dans les années 60. Il y avait un écrivain français inclassable qui connut ses  heures de gloire avant guerre avec les surréalistes , un certain Joseph Delteil, qui vante la cuisine paléolithique en 1964 dans un ouvrage écrit à la fin de sa vie. Il y mentionne la question de l'instinct alimentaire.    Delteil, écrivain aux amitiés sulfureuses,  entretenait le projet de raconter l'histoire de sa guérison avec son régime paléo,  mais son livre est resté parait il à l'état de projet. J'ai essayé il y  a quelques années de retrouver les archives de son éditeur mais peine perdue....

Delteil aurait il compris  le lien entre instinct et alimentation paléolithique au même moment que  Burger ?

Un autre apôtre, beaucoup plus connu, est le scénariste anglais Roger Mac Dougall, qui se vantera dans la presse anglaise des années 60 d'avoir guéri ses poussées de sclérose en plaques avec un régime paléolithique conforme , comme toujours, à l'instinct de l'espèce. Roger Mac Dougall sera l'auteur de nombreuses comédies de boulevard et de nombreux scénarios de films tournant la modernité en dérision  sur un mode humoristique. Un Jacques Tati de boulevard. Le scénario du film " l'homme au complet blanc"  par exemple
  http://www.filmotv.fr/film/1152/l-homme-au-complet-blanc.html
est une métaphore  de la tentative incessante du capitalisme de corrompre la science.....

Ainsi le concept liant le respect de l'instinct à un régime pauvre en féculents était il connu  dans les milieux artistiques au début des années 60. Ceux qui ont personnellement bénéficié de cette thérapie à cette époque,  n'ont , comme Voegtlin et Burger, pas jugé bon de citer leurs sources.......avouez que ca commence à faire beaucoup de cachotiers.....
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« Répondre #1 le: 02 Octobre 2009, 20:32:39 »

La cuisine paléolithique de Joseph Delteil. Les Éditions de Paris, 126 p.
Citation
Poète, romancier et essayiste, l'anticonformiste Joseph Delteil (1894-1978) se retira près de Montpellier pour y devenir vigneron. En 1964, l'auteur de Jeanne d'Arc publia ce livre de cuisine qui se démarque avec brio d'un genre souvent indigeste. L'ancien surréaliste y mène un combat contre les colorants par le biais d'une quinzaine de recettes simples à concocter. Son précis d'alimentation naturelle incite à communier avec les fruits, les légumes, l'eau et le feu. La préparation des mets par ses soins procède d'un cérémonial aux allures de messe. Quand il mitonnait une soupe aux choux, c'était pour déguster un potage « cérébral, favorable à l'élaboration de la pensée ». Avant la mode médiatique de « la bonne bouffe », Delteil fut un pionnier de l'écologie domestique. Des photos du franciscain rabelaisien saupoudrent cet ouvrage très appétissant où l'on entend la langue baroque et sensuelle d'un écrivain 4 étoiles. Bernard Morlino

Et là :
Citation
Ecrit par Joseph Delteil :

PETIT CALENDRIER

Janvier c’est le mois du porc avec toutes ses cochonailles, des fromages, de l’olive.

(…)

La soupe, comme on dit : la lièvre, c’est qu’il n’y en a qu’une au monde. C’est le terme générique — d’ailleurs il n’y aura guère ici que des termes génériques et de simples détails.

Une seule en trois personnes : au printemps c’est la soupe aux fèves ; l’été la soupe aux baraquets (haricots verts) ; l’hiver la soupe aux choux. Aucune monotonie là-dedans ! Entre la première fève du 1er mai, par exemple, et la fève en robe prétexte, à ruban noir, quelle échelle de saveurs !

PRINCIPE DE LA SOUPE

Faire bouillir de l’eau dans un pot en terre rouge, le toupin.
Dès que l’eau bout, en prélever la moitié et en ébouillanter le légume fondamental avant de le mettre dans le pot.
Laisser cuire sur le feu environ demi-heure.
Ajouter alors selon la saison et proportionnellement (jamais plus de dix pour cent au total) pommes de terre, carottes, navets, poireaux, céleri, etc.
Laisser bouillir encore demi-heure.
Et c’est l’heure du confit :
Descendre le toupin au coin du feu, et ajouter un bon taillou.
Saler.
Encore demi-heure et il n’y a plus qu’à tremper la soupe dans la soupière, au pain rassis.
Veiller à ce que l’eau ne cesse jamais de bouillir, à flots sur le feu, et tout doux au coin du feu.
La soupe comporte trois services : le pain trempé, les légumes et la viande. Il y a de quoi…

EXEMPLE DE SOUPE

La soupe aux choux

La soupe aux choux, avec tous ses détails typiques, outrecuidants :
1. La marmite est en fonte, le chou aime la fonte ; et l’amour…
2. A anse, car il faut la suspendre sur le feu, jamais sur le trépied, ni au coin du feu.
3. Et assez corpulente, le choux aime à être à l’aise dans son pot, les coudées franches… “de l’air, de l’air !”, comme criait Goethe.
4. Donc une crémaillère à crans dans la cheminée.
5. Assaisonnement : le saïd qui est, tu le sais, la panne de porc roulée et fumée aux poutres.
6. Cuire au trot, mais non au galop ; e, deux heures tout est fini.
7. A la fin, il doit rester très peu de bouillon.
8. Maintenant, si tu as l’estomac délicat, ta petite amie dans la marmite a mis un tesson d’assiette, ça enlève le goût fort.
9. N’oublie pas la roussole : c’est une espèce de farci sérieusement roussi et stylisé dans la poêle (d’où roussole) et qu’on octroie à la soupe au choux, le vendredi, faute de porc.

(La cuisine paléolithique, Alea, 1990)

Sans blagues ! Voilà donc enfin où GC Burger à pompé les bases théoriques de l’instinctonutrition ! Tu te moques de nous, Denis.
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François
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« Répondre #2 le: 02 Octobre 2009, 20:50:47 »

Et concernant Roger Mac Dougall,  j'ai cherché et j'ai trouvé ça :
http://web.archive.org/web/20041103093349/http://www.direct-ms.org/roger.html
Merci de donner tes sources, au lieu d'accuser les autres de ne pas indiquer les leurs ! Bon je vous laisse chercher où est la notion d'instinct alimentaire là-dedans parce que j'obtiens pour "instinct" :
Citation
L'objet de votre recherche n'a pu être trouvé.
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denisbooks
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« Répondre #3 le: 02 Octobre 2009, 22:43:28 »

C'est toi qui fait semblant de ne pas comprendre, François. Relis mon mail. J'ai jamais dit que Burger a pompé sur Delteil ou sur MacDougall. Burger n'a probablement jamais entendu parler d'eux jusqu'à ce qu'il s'interesse de près à cette question. J'ai simplement dit que ces deux artistes atteints de grave maladie justifiaient en 1960 leur régime paléolithique en parlant d'instinct, et donc que le rapprochement entre instinct et alimentation paléolithique était une évidence en 1960 pour deux vulgaires amateurs,   15 ans avant la publication du  premier ouvrage sur la question par un chercheur américain. Delteil qui correspondait avec Miller  parlait/ecrivait  probablement couramment anglais ( sa femme était anglaise  ou américaine) et c'est sans nul doute par ce biais qu'il a entendu parler de cette histoire.

Si l'évocation du thème de  l'instinct par Delteil dans son  livre de recettes  ne peut être que rhétorique ( je te l'accorde bien volontiers), tu verras en faisant quelques recherches,  que MacDougall pronait une alimentation la plus proche possible de l'instinct, c'est à dire la plus naturelle possible. Si MacDougall faisait du Seignalet avant l'heure, c'est surement pas parce que MacDougall était un génie ou un grand clinicien....c'est que des médecins lui avaient soufflé la solution.....



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denisbooks
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« Répondre #4 le: 12 Août 2011, 15:29:42 »

Si tu penses toujours qu'il n'y a aucun rapport historique entre Joseph Delteil et l'instinctothérapie façon Burger, je te conseille d'écrire au professeur de littérature de la Sorbonne Paris 3 ,  Philippe Berthier,  pour lui demander un tiré à part de son article sur Joseph Delteil. Ce spécialiste de Stendhal, de Balzac et de Chateaubriand   a écrit en 1998  un article très intéressant intitulé " Le Cru, le Cuit et le Sacré"  à propos des réflexions culinaires de Joseph Delteil. Selon le professeur Berthier, Delteil  souhaitait cuire le moins possible....... ce qui ne l'a quand même pas empêché d'écrire le premier livre de recettes sur le régime paléolithique.

Quant à la piste "Henri Miller" évoquée dans mon mail de 2009, elle me parait à présent totalement superflue : en remontant la piste d'un  crudivore allemand  qui est passé à la postérité pour avoir jadis  popularisé l'antisémitisme à mesure qu'il se rapprochait du  christianisme, je suis retombé à ma grande surprise sur une piste française , à savoir un écrivain célèbre qui,  avant Delteil,  s'est posé  la question de la maitrise des désirs alimentaires comme préalable  à une sexualité libérée des affects et des conditionnements.

Il y a donc bien une histoire de l'idée d'instinct alimentaire jusque dans l'histoire de la littérature française. Delteil n'est pas juste un épiphénomène....

La mauvaise nouvelle c'est qu'il va falloir maintenant que je m'interesse aussi à l'histoire de la littérature, alors que je pensais pouvoir m'épargner au moins cette peine là.....





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« Répondre #5 le: 20 Février 2018, 17:13:03 »

Juste un mot pour clore ce débat sans objet. M. Denisbook m'a acheté à cette éposue le CD de mon cours complet d'instinctothérapie. Il m'a même généreusement payé ce CD (1000€), dans l'intention clairement formulée d'y trouver les preuves d'un plagiat que j'aurais commis en allant pêcher la notion d'instinct alimentaire chez d'autres auteurs. Il n'a pourtant pas donné suite à cet investissement notoire qui remonte à 2011.

Je m'étonne d'un tel besoin de dévaloriser ma propre démarche, et plus encore du contresens qui le traverse : si d'autres esprits ont découvert avant moi l'existence d'un instinct alimentaire, cela ne fait que renforcer ma thèse. J'en serais donc tout à fait enchanté. Plus on peut trouver de recoupements et mieux cela vaut.

Tout recoupement serait d'autant plus convaincant que j'ai oeuvré pour ma part en repartant délibérément de zéro, c'est-à-dire des faits d'observation. Ayant constaté l'incapacité de la médecine (et de notre culture en général) de résoudre clairement le problème alimentaire, j'ai opté pour une démarche autonome. Il s'agissait d'éviter toute "contamination" par les théories existantes, afin de repartir des faits et d'appliquer une logique dégagée des biais ambiants. J'ai procédé en observant mon propre organisme dans différentes situations alimentaires, puis en étendant ces observations à ma femme, à mes enfants et à toute un cohorte d'amis intéressés par ce problème, à quoi se sont ajoutées des expériences sur les animaux. J'ai constitué ma propre approche et mon propre langage en quelques années, en évitant  tout contact avec l'extérieur et notamment avec les approches conventionnelles de la question alimentaire (suppression provisoire du téléphone, de la radio, des journaux, de toute lecture etc.).

Parti de l'observation sur le chou rouge que je racontais dans la Guerre du Cru (puis dans Manger Vrai), j'ai formulé la notion d'instinct alimentaire, dans le sens que des modifications d'odeurs et de saveuirs perçues seraient capables de nous guider dans nos choix alimentaires et de réaliser un équilibre nutritionnel par le plaisir. Intrinsèquement liée à cette démonstration, l'adaptation génétique des sens aux flaveurs originelles expliquait que les mécanismes sensoriels ne fonctionnent pas correctement avec les aliments non originels, et qu'ils aient été largement oubliés dans le contexte culinaire.

L'observation m'a aussi convaincu que les molécules dénaturées par les réactions chimiques culinaires jouaient le rôle de toxines, qu'elles s'accumulaient dans les tissus et nécessitaient des réactions de détoxination. Ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard que j'ai entendu parler par un chimiste, ami de mes amis, des molécules de Maillard, et que j'ai trouvé dans une revue qu'il m'avait signalée (Cahiers de Nutrition et de Diététique) la notion d'alliesthésie.  J'ai dès lors introduit cette notion dans mon propre discours, alors même que la diététique n'en pas tenu compte même jusqu'à ce jour.

Les antériorités que mentionne M. Denisbook sont malheureusement à côté de la plaque. Si l'instinct y est mentionné, c'est d'une manière plus littéraire que scientifique. Le fait que les sens soient mis en défaut par les préparations culinaires, qu'il faut donc éviter toute recette de cuisine ou de crusine si l'on veut garantir une bonne équilibration, n'est pas explicité.  Les recoupements (utiles) que pourraient apporter ces sources sont inopérants et je suis le premier à le regretter. Y voir une analogie avec l'instincto dénote une étonnante capacité d'amalgame.

La morale de cette histoire, c'est que ma démarche dérange et que, faute de pouvoir l'attaquer sur le fond, certains se sentent appelés à l'attaquer sur la forme. La véritable question est de savoir quels sont les mécanismes psychogiques capables de mettre oeuvre un tel besoin de vilipender. Il y aurait là toute une recherche à faire, qui pourrait sans doute mieux éclairer les résistances incroyables que rencontre tous azimuts la simple remise en cause de l'art culinaire.
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« Répondre #6 le: 21 Février 2018, 22:42:19 »

Excellente et intéressante mise au point !

J'ai désactivé le bannissement de Denisbook afin qu'il puisse répondre, au cas il en a envie.
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