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Auteur Fil de discussion: Fukushima  (Lu 5560 fois)
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François
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« le: 06 Avril 2011, 21:17:32 »

Fukushima, Tchernobyl : « L'OMS répète les chiffres de l'AIEA »

Citation
Un ancien de l'Organisation mondiale de la santé dénonce des liens malsains avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Ancien président de l'association Enfants de Tchernobyl-Bélarus, aujourd'hui professeur émérite à l'université de Bâle, Michel Fernex relève, lors de l'accident de Tchernobyl comme actuellement à Fukushima : une « étrange absence » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Médecin tropicaliste à l'OMS, il mène une carrière paisible nourrie d'idéaux, jusqu'à ce qu'il découvre fortuitement l'accord qui lie son institution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) : en 1995, il participe à un congrès sur les conséquences de Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki. Les actes ne sont pas publiés. Pourquoi ?

La suite dans l'article complet, accessible en cliquant sur le titre.
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« Répondre #1 le: 21 Avril 2011, 20:37:09 »

Fukushima : mais où sont les scientifiques ?

Citation
Harry Bernas, physicien, lance un appel sur Sciences et Avenir pour que les scientifiques dépassent leur rôle d’experts et deviennent acteurs du débat public.

Si les conséquences directes du tremblement de terre et du tsunami japonais sont évidentes et suscitent sympathie et solidarité sans équivoque, l’unanimité disparaît lorsqu’il s’agit de l’accident qui affecte les réacteurs nucléaires de Fukushima-Daiichi. La situation à Fukushima est “très préoccupante” selon plusieurs organisations internationales de contrôle nucléaire, et très loin d’être stabilisée. L’opérateur de la centrale, le gouvernement et le lobby nucléaire ont des raisons de rassurer, mais aussi de mal évaluer ou de minimiser les dangers.

C’est d’abord la chance et un vent favorable qui ont éloigné la radioactivité de Tokyo, et il est certain qu’un territoire significatif et une aire de pêche essentielles du Japon seront zones interdites pour des décennies. L’impact ultime sur la santé et l’économie est encore indéterminé, mais le problème est devant nous pour plus d’un siècle. Les scientifiques – surtout les physiciens – ont ici un rôle très sensible. Analyser et informer ne suffit plus. Après Three Mile Island et Tchernobyl, Fukushima symbolise un véritable changement pour l’avenir de l’humanité, et exige que les scientifiques dépassent le rôle d’experts pour devenir acteurs dans le débat public.

Au-delà de l’exploration de la nature, l’essence de la recherche et de l’éducation scientifique est d’apprendre à affronter au quotidien l’inattendu et les contradictions, à comprendre en quoi consiste l’incertitude, à “pré-voir”, à faire face à la complexité. Ces aspects sont totalement absents des desseins politiques et économiques actuels. Il est grand temps de se rendre compte qu’ils sont devenus indispensables pour rendre notre planète vivable et notre société démocratique. Affronter Fukushima requiert évidemment science et technologie, mais aussi un changement de perspective auquel les scientifiques peuvent contribuer. Trois exemples:

1. Le vocabulaire est trompeur: Il n’existe pas de catastrophe “naturelle”. La Nature est indifférente, les catastrophes sont affaire humaine. Nous occupons la terre entière: il s’ensuit que l’activité humaine, pacifique ou guerrière, induit des effets à l’échelle planétaire. Ce n’est pas la géologie qui crée les “désastres”, ce sont des actions humaines telles que la construction d’une ville ou d’une centrale nucléaire sur une faille géologique. Les phénomènes physiques ou chimiques qui produisent notre énergie n’ont pas à être “maîtrisés”. Ils requièrent évidemment toutes sortes de recherches, mais c’est bien la technologie – le comportement humain face à la nature – qui nécessite d’être maîtrisé. Fukushima montre à l’évidence que la mise en œuvre de l’énergie nucléaire met à l’épreuve la capacité humaine à faire face à ses propres choix.

2. L’humanité ne se contente pas de remplir l’espace, elle agit aussi sur le temps. L’énergie nucléaire et l’émission de radionucléides en est un symbole. Alors que tremblements de terre et tsunamis ont un effet immédiat, le temps de Fukushima est hors des gonds : la fuite de radioactivité affectera l’écologie et les habitudes alimentaires du Japon pendant des décennies. En réalité, la collision du long- et du court-terme, à Fukushima et ailleurs, eu lieu bien avant le désastre. La conception même des réacteurs, le tassement de six réacteurs à quelques dizaines de mètres les uns des autres, le placement des piscines de combustible irradié à l’intérieur même des bâtiments de réacteurs, la tentation de limiter contrôles et réparations, la mise en route d’une filière nucléaire en l’absence de méthode efficace pour traiter les déchets radioactifs…  Aucun de ces dangers n’est intrinsèque à la nature physique de l’énergie nucléaire: ils ont tous une origine très humaine – le profit financier et (au départ) des applications militaires.

Les recherches sur des technologies de réacteurs nucléaires plus sûres et sur des sources d’énergies alternatives étaient bien engagées voici 40 ans. Si une vision à long terme avait été proposée et débattue alors, elles auraient progressé considérablement et le Japon aurait pu réduire ou éviter le besoin et les risques d’une confrontation de l’énergie nucléaire avec les mouvements de l’écorce terrestre. L’humanité, comme le climat, est un système complexe dans lequel la recherche de gains à court terme peut compromettre la survie à long terme. Fukushima nous le redit brutalement.

3. L’impact de nos activités étant aujourd’hui à l’échelle du monde, ne serait-il pas temps que l’humanité dans son ensemble tente un changement radical de paradigme, et que l’énergie, l’air et l’eau deviennent des biens communs recherchés, produits et distribués par tous pour tous? Nous savons déjà économiser l’énergie, accroître l’efficacité énergétique, évaluer le potentiel de nouvelles sources d’énergie, choisir la combinaison des sources adaptée à chaque région. Reste à le mettre en œuvre.

Reste aussi à résoudre des problèmes immenses : stocker et transporter efficacement l’énergie. Sont-ils plus complexes sur les plans scientifique, technique, économiques que ceux résolus pendant le dernier siècle, créeraient-ils moins d’emplois? Certainement pas. La vraie, l’énorme difficulté est de quitter une démarche orientée vers le profit immédiat et la minimisation des coûts, pour une démarche tendant à chercher des solutions stables, sûres, pacifiques et économiques dans la durée. Impossible? L’efficacité typique d’un moteur à essence a doublée à peine en 100 ans, alors que l’efficacité d’une mémoire d’ordinateur a été  multipliée par cent millions en 40 ans. La différence : imagination et décision, détermination, et investissement massif dans une recherche à long terme plutôt que maximisation des profits. Le rôle des scientifiques pour faire apparaître de telles réalités est devenu crucial.

Dans le monde d’après Fukushima, les scientifiques ne pourront plus se satisfaire d’approvisionner en expertises et avis des décideurs politiques et économiques qui ont leur agenda propre, à plus ou moins courte vue. Sans arrogance et avec leurs concitoyens, il est grand temps pour eux de s’exprimer massivement et partager les responsabilités des décisions sociétales. Pour contribuer à concevoir un monde dans lequel les actions à court terme incorporent, sans les ignorer, leurs conséquences à long terme.

Harry Bernas

Harry Bernas est ancien directeur d’un laboratoire CNRS de physique nucléaire et de science des matériaux à l’université Paris-Sud, il étudie les effets d’irradiation dans les matériaux

Voir aussi "Les miscellanées de Dominique Leglu" en naviguant d'un épisode à l'autre par la barre en haut de page :
 « FUKUSHIMA (suite 21) DE TCHERNOBYL EN TCHERNOBYLS | Page d'accueil  | FUKUSHIMA (suite23) CREDIBILITE »
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François
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« Répondre #2 le: 23 Avril 2011, 15:09:52 »

25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl et Fukushima au Japon
Sur France Culture
Avec : Frédérick Lemarchand, sociologue du risque à l'université de Caen ; Jean-Claude Zerbib, ingénieur spécialiste de l’atome et Mycle Schneider, consultant en énergie et politique nucléaire.

A écouter absolument !

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« Répondre #3 le: 24 Avril 2011, 15:22:22 »

Citation
Parmi les articles de The Chugoku Shimbun
(principal quotidien japonais) traduits en français :
17 avril 2011

La  Commission de Sûreté Nucléaire du Japon ne parvient pas à envoyer des experts à Fukushima.

Haruki Madarame le président de Commission de Sûreté Nucléaire du Japon qui compte au total 45 experts indépendants et professeurs d'universités, dont il est prévu qu’ils doivent être convoqués immédiatement in situ en cas d’accident nucléaire ou d’urgence pour réaliser des évaluations et enquêtes, s’indigne qu’il n'a pas encore réussi à envoyer les experts désignés par la préfecture de Fukushima à la centrale nucléaire. "Le plan national de catastrophe oblige que nous soyons présents" il a déclaré samedi.

La commission a envoyé des membres de son secrétariat à la préfecture depuis le début de la crise du complexe nucléaire, mais un fonctionnaire du gouvernement a dit ''Il semble qu’il y ait un problème puisqu'aucun des experts désignés n’est allé à Fukushima. La question devrait être examinée dans le cadre d’une enquête suite à  l'accident.'' . . .

(ndlr : original en Anglais pour le croire !) :
The commission has dispatched members of its secretariat to the prefecture since the crisis began the nuclear complex but a government official said, ''It seems a problem that none of the designated experts has gone to Fukushima. The matter should be examined in the course of post-accident fact-finding.''

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« Répondre #4 le: 25 Avril 2011, 16:24:16 »

Un documentaire édifiant, surtout pour ceux qui n'étaient pas nés ou trop jeunes en 1986 pour être bien au courant de ce qui s'est passé. Il contient des révélations que les médias ont omis de relayer et Gorbatchev y est même interviewé :
Ce que vous devez savoir...
http://cequevousdevezsavoir.com/2011/03/19/la-bataille-de-tchernobyl/
Citation
Ce documentaire, alliant à la fois témoignages et documents d’archives, raconte pour la première fois, la bataille de Tchernobyl. Elle commence la nuit de l’explosion, le 26 avril 1986, à 01h23. Pendant huit mois, huit cent mille soldats envoyés de tout l’Empire soviétique vont tenter de « liquider » la radioactivité, construire le « sarcophage » du réacteur accidenté, mais ils vont surtout sauver le Monde d’une seconde explosion, une explosion nucléaire, quinze fois plus puissante qu’Hiroshima, qui aurait ravagé la moitié de l’Europe…

Il y a 25 ans demain !

Merci à Jean-Pierre Petit pour sa page sur laquelle se trouve le lien pour ce film entre autres informations essentielles et photos grand format.
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« Répondre #5 le: 02 Mai 2011, 17:34:55 »

Une autre page de Jean-Pierre Petit :
Enquête sur le nucléaire français

Et des photos en haute définition sur Cryptome
(daiichi-photos.htm 1 à 12)

La situation à Fukushima-Daiichi est terrifiante et apparemment inextricable.
« Dernière édition: 02 Mai 2011, 17:37:06 par François » Journalisée
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« Répondre #6 le: 03 Mai 2011, 21:44:32 »

Les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Dai-ichi auraient fondu à 100%

Citation
Selon Mishio Ishikawa, ardent promoteur de l’énergie nucléaire et fondateur du JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Dai-ichi auraient fondu à 100%.

S’exprimant dans une émission le 29 avril sur Asahi TV, il a créé la surprise en donnant une version totalement différente de celle de Tepco et du gouvernement.

Iida Tetsunari, directeur de l’ISEP (Institute for Sustainable Energy Policies), qui participait également à l’émission, a affirmé être entièrement d’accord avec l’évaluation de la situation de Mishio Ishikawa et a ajouté : « Personne ne sait ce qu’il faut faire, nous devons demander l’avis mondial des meilleurs et des plus brillants ».

Kohey Otsuka, vice-ministre de la santé et des affaires sociales déclare pour conclure : « Aucun de nous ne sait à coup sûr l’état du cœur des réacteurs, il ne faut pas faire de spéculations sur une télévision nationale ». Sous entendu : fermez-la maintenant !

Trop tard Monsieur le censeur, l’Internet se charge de diffuser dans le monde entier l’avis d’un spécialiste de la question nucléaire.

Car il s’agit de la sécurité du monde entier.

Qui est Mishio Ishikawa ?

Né dans la préfecture de Kagawa Takamatsu, il est diplômé en génie mécanique à Tokyo. En 1957, il entre à l'Institut japonais de recherche sur l'énergie nucléaire (JAERI) de Tokai-mura. Il participe à la réalisation d’un réacteur de démonstration au Japon en 1963. Après avoir été directeur adjoint de l’Institut de Tokai, il devient, en 1991, professeur à l’Université d’Hokkaido. De 1973 à 2004, il est conseiller dans diverses organisations (AIEA, Agence de sureté nucléaire) et au ministère de la Science et la Technologie. En avril 2005, il devient président du Japan Nuclear Technology Institute (JANTI). Depuis sa retraite, il sert de conseiller technique pour l'énergie nucléaire. Ses publications portent entre autres sur le démantèlement d’un réacteur nucléaire, et sur l'emballement d’un réacteur nucléaire.

Sources :

Blog d’un Japonais vivant en Californie qui a diffusé et retranscrit des passages de l’émission
http://ex-skf.blogspot.com/2011/04/fukushima-i-nuke-plant-japan-nuclear.html
Emission télé sur la chaine Asahi TV du 29 avril 2011 :
vidéo en japonais
http://www.youtube.com/user/superkeaton2011#p/u/9/kO0flpwmjJI
vidéo avec traduction française partielle
http://www.dailymotion.com/video/xii9gb_m-ishikawa-tout-le-combustible-a-fondu_news
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« Répondre #7 le: 08 Mai 2011, 21:01:41 »

La page de Jean-Pierre Petit à ce sujet
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« Répondre #8 le: 13 Mai 2011, 12:20:05 »

FUKUSHIMA (suite 36) Accident maximal dans le réacteur n°1

Citation
On s’en doutait depuis longtemps, mais voir la chose admise par l’opérateur TEPCO de la centrale Fukushima fait un effet sidérant : le cœur fondu du réacteur n°1 a percé sa cuve en de multiples endroits ! Ou pour le dire avec les circonvolutions de l’opérateur : « des trous ont été créés par le combustible   nucléaire fondu au fond de la cuve du réacteur n°1 » (1). C’est, en clair, l’accident maximal pour un réacteur de ce type. L’enceinte ultime, autrement dit la cuve pressurisée dans laquelle est enfermé le combustible nucléaire, cuve censée être le dernier rempart contre l’émission de radioactivité vers l’extérieur, est rompue !

Selon l’agence de presse Kyodo news, TEPCO a déclaré « avoir trouvé de multiples trous sur plusieurs centimètres dans de la tuyauterie soudée ». Une situation qui n’étonne pas plus que cela un spécialiste de la soudure qui nous avait dit à quel point il redoutait le phénomène. Il nous a expliqué, ce dont nous le remercions, pourquoi il appréhendait depuis le début ce genre de problème majeur : « les 4 réacteurs et les appareillages environnants vont se retrouver à l'état de passoires ! » pronostiquait-il. En effet, il s’inquiétait de la réaction des métaux de la cuve – et des diverses tuyauteries-  quand ils sont soumis aux très hautes températures dues à la fonte du réacteur, mais aussi quand - ce qui fut le cas- ils sont soumis à une corrosion intense (due au sel qui fut injecté quand l’eau de mer a été employée pour le refroidissement).

En particulier, il avait attiré notre attention sur la fragilité des aciers inoxydables utilisés à la centrale de Fukushima. Ce spécialiste ne voyait pas comment l’inox employé à Fukushima (le 304L selon la terminologie des spécialistes (2)) allait pouvoir résister, notamment dans le « cuvelage du réacteur lui-même. Les fissures, elles sont en train de courir ! » assurait-il. C'est un problème archi-connu (et redouté !) par tous les chaudronniers du monde ». Et de préciser que « le seul inox qui tient le coup (904L (3)) n'a connu qu'un réel essor qu'après 1995, dans l'industrie en général, avec une petite entrée dans le nucléaire, qui ne peut pas facilement intégrer ces nouveaux matériaux. Les études métallurgiques sont très poussées et demandent du temps ».

Le problème est d’autant plus inquiétant que cet inox se retrouve aussi ailleurs dans la centrale, notamment dans les casiers des assemblages de combustibles (dans les piscines qui ont été dramatiquement endommagées – en particulier dans les unités 3 et 4 mais encore ailleurs (soufflets de dilatation qui enserrent le tore de l’enceinte de confinement, matériau des tiges de contrôle cruciformes etc.)

Comme si cela ne suffisait pas, on avait appris dès hier par une dépêche (Reuters) venant de Tokyo qu’un nouvel écoulement d’eau radioactive vers l'océan avait « peut-être été décelé », en provenance « du réacteur n°3 ». Annonce étonnante, sachant que l’eau très contaminée qui s’était déversée il y a plusieurs semaines dans l’océan venait alors d'un autre réacteur, le n°2 (dont l’enceinte de confinement a manifestement été fissurée très tôt dans la catastrophe lors d’une explosion non vue en images).

En résumé, à l’heure qu’il est, on se demande si tous les réacteurs (pas seulement le n°1 mais peut-être aussi les n°2 et N°3) ne sont pas en train de « tomber en miettes » - leurs structures métalliques étant de plus en plus défaillantes, après que les structures en béton ont été ébranlées et fissurées lors des explosions qui ont eu lieu dès les premiers jours de la catastrophe. On se demande aussi comment une unité de refroidissement, telle que celle envisagée par Areva (4) pourra bien être raccordée à ces structures vacillantes. Il y a dix jours, en effet, l’entreprise française, par la voix de Thierry Varet, son directeur technique ( BU valorisation AREVA), expliquait vouloir décontaminer l’eau (5) qui a abondamment servi à refroidir les réacteurs et les piscines et installer un circuit fermé pour la ré-utiliser. Comment faire un circuit fermé avec une (des) cuve(s) de réacteur transformée(s)  en passoire ? Surtout, comment s’approcher de ces lieux extrêmement radioactifs – vu la non étanchéité de l’ensemble - pour éventuellement « reboucher » les trous ? Qui va s’approcher ?

Deux mois après la catastrophe, on se demande encore autre chose : pendant combien de mois (d’années ?) va-t-il falloir continuer à refroidir les lieux, accumulant toujours plus d’eau contaminée. Cela signifie-t-il qu’il va falloir rejeter à nouveau celle-ci « volontairement » dans l’océan, comme cela a été fait pour plus de 10 000 tonnes (eau dite alors « faiblement contaminée ») il y a quelques semaines ? C’est un véritable cauchemar qui continue.

1) http://english.kyodonews.jp/news/2011/05/90715.html
2) Cet inox (dit austénitique) de résiste pas aux ions chlorure du sel (le sel a pour formule chimique Na Cl ou chlorure de sodium )
3) Le "DUPLEX" (904L) : un « austéno-ferritique », mélange de deux structures cristallines.
4) )http://www.newscastwire.com/fr/org/areva?event=175
5) On ne sait pas exactement combien de dizaines de milliers de tonnes (90 000 ? 100 000 ?) d’eau doivent actuellement être décontaminées, en coagulant les particules radioactives de façon à les séparer de l’eau ainsi « purifiée ». Eau qui ensuite pourrait être ré-utilisée.
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« Répondre #9 le: 18 Juin 2011, 19:59:54 »

Citation
Le père du Nautilus condamne l’atome

Le 28 janvier 1982, devant le très influent Joint Economic Committee du Congrès des Etats-Unis, l’amiral Hyman Rickover déclarait : «Peu à peu la somme des radiations sur cette planète s’est réduite, rendant possible l’apparition d’une forme de vie. Or, quand nous utilisons l’énergie nucléaire, c’est une sorte de régression : nous créons quelque chose que la nature a essayé de détruire pour rendre la vie possible. Je crois qu’au bout la race humaine va s’anéantir elle-même, et il est beaucoup plus important de contrôler cette force horrible et d’essayer de l’éliminer, que de l’utiliser, fût-ce pour des raisons médicales ou pour produire de l’électricité ».
(…)
Mais revenons à cette séance du congrès. L’emphase ne peut pas être assez grande en ce jour où, finalement, le vieil amiral est mis à la retraite. L’Amérique lui doit sa flotte atomique et la maîtrise des centrales nucléaires productrice d’électricité. Le sénateur Proxmire fait une remarque : « Le nucléaire civil est pratiquement bloqué dans note pays. Dans mon Etat, par exemple, 30 % de l’électricité viennent du nucléaire, et cependant on me dit qu’il n’y a plus de plan ni même d’espoir pour de nouvelles centrales ».

C’est alors que le commandant des « nucs », l’apôtre et l’architecte des moteurs atomiques, va surprendre son auditoire. Il évoque soudain « les dommages potentiels d’un dégagement radioactif pour les générations futures » et provoque la stupéfaction de l’assistance, prête à tout entendre de lui – sauf cette dénonciation sans merci des applications de l’atome. Le voici pour la première fois comme intimidé devant ce qu’il s’apprête à dire ; il introduit son exposé par cette formule : « Je vais être philosophique ». Et il proclame que le nucléaire est un mal absolu à combattre et à éradiquer, non pas seulement les applications militaires , mais encore toutes les applications civiles, des centrales de puissance aux appareils et aux sous-produits destinés à un usage médical.

Confirmation sur Wikipedia :
Citation
Hyman G. Rickover
"Every time you produce radiation, you produce something that has a certain half-life, in some cases for billions of years. I think the human race is going to wreck itself, and it is important that we get control of this horrible force and try to eliminate it." (Economics of Defense Policy: Hearing before the Joint Economic Committee, Congress of the United States, 97th Cong., 2nd sess., Pt. 1 (1982))
(…)
As quoted by President Jimmy Carter during his 1984 interview with Diane Sawyer:

    "One of the most remarkable things that he ever told me was when we were together on the submarine and he said that he wished that a nuclear explosive had never been evolved. And then he said, 'I wish that nuclear power had never been discovered.' And I said, 'Admiral, this is your life.' He said, 'I would forego all the accomplishments of my life, and I would be willing to forego all the advantages of nuclear power to propel ships, for medical research and for every other purpose of generating electric power, if we could have avoided the evolution of atomic explosives.'"

On pourrait dire à peu près la même chose pour la maîtrise du feu !
(Les liens pour les textes d'origine sont incorporés dans les titres, au cas...)
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« Répondre #10 le: 16 Août 2011, 00:25:20 »

Pour nous autres occidentaux, l'absence de réaction du peuple japonais parait  stupéfiante.

Alors qu'il revenait d'une mission au Japon, voici ce qu'écrivait en 1958  celui qui allait devenir par la suite une des figures intellectuelles majeures  du franciscanisme de la province de France (il doit être bien âgé aujourd'hui....). Cet exposé  d'un frère mineur engagé m'a paru suffisament intéressant pour mériter de figurer dans ce forum  (seule une toute partie de sa lettre est  reproduite  ici). La question qui se trame ici  est celle de l'engagement ou du refus d'engagement des religions de masse  contre les délires technicistes.   

"A la vérité , le Japon n'est pas menacé par la civilisation technique. Il lui est déjà totalement soumis. Il se trouve dans un au-delà de la technique, dans une sorte de "no man's land" où la technique cesse d'être neutre et exige d'être achevée (sic) par une mystique.
............
Le drame propre du Japon n'est pas dans l'écroulement d'une civilisation lourde de valeurs spirituelles traditionnelles au profit d'une civilisation matérialiste ouverte aux prestiges de la technique (et de la consommation à outrance,  ndlr). Il est très exactement dans le fait qu'aussi bien avant qu'après ce changement de valeurs , le Japon ne comprend pas la nécessité de rattacher la techique à des valeurs plus hautes. Car c'est encore une fois d'un choix délibéré que le Japon en même temps qu'il adoptait les techniques industrielles et commerciales de l'Occident , ses richesses culturelles, ses traditions littéraires et même un certain nombre d'idées chrétiennes "devenues folles" (ndlr  allusion à la fameuse phrase de Chesterton) , refusait d'adopter l'esprit profond qui leur a donné naissance. Le Japon d'aujourd'hui est  allergique à une métaphysique de la vie comme naguère il était indifférent aux appels religieux du bouddhisme ( ndlr  l'auteur a expliqué auparavant que seule la forme la plus laïcisée du bouddhisme a survécu au Japon, au dépend de la tendance Zen laquelle "exigeait de ses adeptes un effort de dépouillement intérieur").

Continuant à ne pas voir l'urgence d'une critique de la technique, le Japon  s'abandonne au fatalisme pratique de l'effort journalier en refusant de se poser les questions profondes. Tendance naturelle d'un peuple qui répugne à poser la primauté du spirituel et qui n'attache d'importance qu'à la solution concrète des problèmes concrets.

Ces affirmations risquent d'étonner , voire de scandaliser les lecteurs qui connaissent les textes admirables de la tradition bouddhique japonaise bien vivante de nos jours encore. Et cependant que repetent inlassablement ces textes ? Ce sont les grands thèmes suivants : jugement radical porté sur le monde et son agitation , retirement au royaume du seul à seul , pessimisme, contemplation de la nature,  recherche du dépouillement des sens..... Le bouddhisme laisse s'agiter les hommes dans le royaume vain des apparences et ne se reconnait aucune mission rédemptrice si ce n'est une mission d'enseignement du message intérieur de libération (ndlr : les choses ont un peu changé depuis : le bouddhisme  au moins en dehors de ses frontières historiques, est devenu nettement plus prosélyte). En un mot le bouddhisme fondamentalement passif et résigné se trouvé DESARME devant le volontarisme de la civilisation technique"

Bref pour AREVA et consorts , le bouddhisme japonais et chinois , c'est top pour refourguer des centrales nucléaires. Au fait , il y en a combien au Japon et en Chine de ces joujoux ? 




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"C'est seulement de manière polémique que la réalité s'offre à la connaissance". Adorno
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« Répondre #11 le: 27 Novembre 2011, 15:36:47 »

Le corium de Fukushima (1) : description et données

Corium : le point

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« Répondre #12 le: 17 Août 2012, 10:09:22 »

http://www.lepoint.fr/monde/video-la-panique-a-fukushima-08-08-2012-1494072_24.php
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« Répondre #13 le: 23 Janvier 2013, 20:45:59 »



Rapport officiel de la commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima
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« Répondre #14 le: 28 Juin 2017, 21:39:31 »


«Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe»

Citation
Pierre-Franck Chevet préside l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), une autorité indépendante considérée comme le gendarme de l’atome. Cet X-Mines, qu’on ne peut pas soupçonner d’être antinucléaire, alerte pourtant de plus en plus fortement sur la sûreté.

En janvier, vous avez martelé que «le contexte en matière de sûreté nucléaire est particulièrement préoccupant». Pourquoi ?

Je n’ai pas employé les mêmes mots les années précédentes. Ce jugement vient de trois constats. On entre dans une période où les enjeux en termes de sûreté sont sans précédent. La poursuite du fonctionnement des réacteurs d’EDF au-delà de quarante ans est un enjeu de sûreté majeur, c’est très compliqué techniquement. EDF estime les travaux à 55 milliards d’euros, cela donne une mesure de leur ampleur. C’est moins médiatique, mais il y a le même sujet pour toutes les autres installations, comme l’usine de retraitement de la Hague ou les réacteurs de recherche du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

Tout le système industriel nucléaire a été construit, pour faire simple, dans les années 80. Or, 1980 + 40, ça fait 2020. A 40 ans, il ne se passe pas brutalement des choses très graves sur une installation nucléaire. Mais c’est un âge déjà respectable, qui oblige aussi à se demander comment améliorer la sûreté en fonction des nouveaux standards post-Fukushima. C’est un deuxième enjeu absolument énorme.

Face à ces enjeux qui montent, les acteurs du nucléaire ne sont pas en pleine forme, c’est le moins qu’on puisse dire. Ils ont tous, EDF, Areva, mais aussi le CEA, de grosses difficultés économiques, financières ou budgétaires. La concomitance de ces trois constats me fait dire que la situation est préoccupante à court et moyen termes. Or, nous n’avons pas obtenu à ce stade les moyens supplémentaires nécessaires pour assurer pleinement notre tâche. Nous sommes donc contraints, en 2016, de nous concentrer sur les installations qui fonctionnent, le risque le plus urgent est là.
(...)
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